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  • Claire Flurin

[fr] Le rôle de l’immobilier dans le monde de demain.


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La semaine dernière, j’ai rencontré Mme Méka Brunel, CEO de Gecina, lors d’une matinée ULI, extrêmement dense en idées et visions pour la ville de demain. Difficile de tout restituer, mais voici ce que j’en retiens, à chaud !


Nous traversons une crise politique et économique mondiale sans précédent. En moins d’un an, “tout a été remis en cause”, nous dit Méka Brunel. Le décor est planté. La situation est certainement préoccupante ; elle questionne, certes, mais elle est aussi porteuse d’espoir et devient synonyme d’opportunité. Il s’agit désormais de réinventer nos métiers, nos villes, nos sociétés en visant une vie plus juste, plus vraie, plus respectueuse des Hommes et de la Terre.


Les gilets jaunes, en dépit de leur violence, soulèvent des questions essentielles… On ne peut que reconnaître ce sentiment de gêne, voire même d’indécence, que l’on ressent lorsque l’on compare les grandes fortunes mondiales “à celui qui dort dans la rue, et celle qui travaille dur, très dur, et qui pourtant peine chaque mois à joindre les deux bouts”. Alors, on s’inquiète des milliers d’emplois qui pourraient disparaître avec l’avènement de l’intelligence artificielle. On s’interroge sur le caractère éthique de ces innovations, en oubliant les nombreuses fractures technologiques que nos ancêtres ont traversées. Encore une fois, Mme Brunel nous invite à penser en termes de finalité plutôt que de moyens, et préfère insister sur la formation pour tous plutôt que sur une illusoire bataille d’arrière-garde contre le progrès technique.


Finalement, le mouvement des gilets jaunes met en lumière deux besoins primaires depuis trop longtemps sous-estimés: l’accès équitable à la mobilité et au logement. Comment, citoyens français et citoyens du monde, nous emparons-nous de ces enjeux ? Méka Brunel nous pose la question.


Les philosophes ont peut-être raison : nous vivons un “changement de paradigme”. Peut-être verrons-nous la transition d’une économie purement financière vers des modèles économiques à “impact positif” ? La Harvard Business Review ne manque pas de nous rappeler régulièrement que les “disruptive innovations” émergent de la réponse aux besoins primaires, laquelle est méprisée par les acteurs établis mais ciblée comme facteur de croissance par les entrepreneurs bien intentionnés.


Alors qu’au même moment Le Monde Cities (Le Monde in English) s’interroge (chez WeWork !) sur le thème “à qui profite Paris ?”, il n’y a pas de doute, nous, acteurs de l’immobilier, devons prendre part au changement. Nous sommes responsables du devenir de la ville. Nous devons porter les enjeux climatiques et sociétaux au même rang que les enjeux financiers.


En 2019, la performance environnementale est une obligation. Et Méka Brunel est d’accord avec moi (yay! 💪) : “on n’a plus le choix, il faut le faire.” Devant l’impuissance des gouvernements sur le sujet, les entreprises se mobilisent et comprennent qu’elles doivent montrer l’exemple pour continuer d’exister. Les véritables challenges d’aujourd’hui sont la performance sociale et la définition d’une gouvernance 2.0 qui permettent l’émergence d’un monde plus humain.


Le triste exemple de Volkswagen le montre. L’entreprise, à la rigueur et à l’éthique toute allemande, modèle de progressisme, triche… et trahit par là même la confiance de ses collaborateurs, partenaires, clients, pour finir par détruire son image de marque.


S’il y a encore 15 ans, les managers RSE se satisfaisaient de communiquer sur les intentions des groupes qu’ils représentaient, ils sont aujourd’hui la clef de voûte du projet d’entreprise et doivent démontrer la parfaite adéquation entre leurs valeurs et leurs actions.


“La RSE, c’est une marque employeur, partenaire et investisseur.” Oui ! Les investisseurs aussi sont des consommateurs et se soucient de l’impact sociétal de leurs investissements.


C’est la fin de notre petit-déjeuner et je brûle d’impatience de poser ma question : devant le volontarisme en matière d’innovation de Méka Brunel, je me demande comment, dans une France si marquée par le diplôme et où l’expertise est sacralisée, on peut parvenir à insuffler une culture de curiosité, l’envie de challenger et de confronter ses façons de faire au doute cartésien, si cher à notre vieux pays ? Et je me réjouis de la réponse qui clôt notre conversation : posez des questions, entourez-vous de gens qui vous challengent et créer une culture d’entreprise qui encourage cette attitude de la part des collaborateurs !


“Méfiez-vous toujours des gens qui vous disent que vous êtes super… soit ils ne voient rien, soit ils ne sont pas sincères ! La perfection n’existe pas.”

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